Moment clé : l’essor de la Figuration Libre et une œuvre monumentale
Dans les années 1980, Robert Combas bouleverse le paysage artistique français en refusant l’intellectualisme conceptuel dominant pour revenir à une pratique instinctive, énergique et directe. Sa peinture, nourrie de dessins réalisés dès l’enfance, explose en une multitude de figures, de corps, d’animaux, de symboles et de motifs entremêlés dans un foisonnement visuel unique. C’est à cette époque qu’il devient une figure centrale de la Figuration Libre, mouvement qui revendique un art vivant, accessible, proche de la culture de la rue, des bandes dessinées, de la musique et de la vie réelle. Ce positionnement marque un tournant et lui permet d’affirmer un langage pictural autonome, sauvage, indompté.
Parmi ses œuvres majeures, certaines prennent une dimension presque mythologique. Elles représentent un monde en tension, parfois violent, toujours vibrant, où l’humain est au cœur du tumulte. Ses compositions chaotiques et fluides racontent les luttes quotidiennes, les désordres intérieurs, les désirs, les obsessions, mais aussi la fantaisie, l’humour et une forme de vérité émotionnelle qui transparaît sous la saturation du trait. Combas étire la figuration jusqu’à ses limites, la propulse dans une dynamique proche de la danse ou du combat, et donne à la toile une intensité rythmique qui constitue l’une de ses signatures.
L’artiste lui-même parle souvent de ses « batailles », thèmes qu’il aborde depuis l’enfance et qui l’accompagnent dans sa maturation artistique. Ces scènes, à la fois violentes et expressives, témoignent d’un besoin presque vital de mettre en images la complexité du monde et les coups que la vie inflige. Elles révèlent aussi une capacité à transformer les conflits intérieurs en récits picturaux, vibrants de couleur et de mouvement.
« Les Voici, les voilà », toile monumentale réalisée en 2010, s’inscrit pleinement dans cet univers. L’œuvre, riche en personnages imbriqués, en corps hybrides et en motifs tourbillonnants, peut être accrochée aussi bien horizontalement que verticalement, comme si elle refusait elle-même toute lecture figée. Cette liberté formelle traduit parfaitement l’esprit de Combas, son goût pour l’ambiguïté, pour l’accumulation, pour la polysémie des images et pour une narration ouverte. Certaines de ses œuvres sont reproduites dans des catalogues de référence, et sa carrière a été célébrée par une rétrospective majeure au MAC Lyon, où plus de six cents pièces ont été présentées.