Moment clé : L’abondance comme langage
Thomar développe un rapport singulier au thème de l’abondance. Là où l’histoire de l’art, notamment les natures mortes du Nord au XVIIe siècle, proposait des représentations morales ou des mises en garde contre les excès de la vie, l’artiste choisit d’adopter une posture résolument différente. Il ne cherche pas à condamner ou à moraliser, mais plutôt à célébrer la richesse des formes, la générosité de la matière et la puissance sensuelle de la nourriture, en particulier celle du caviar.
Son travail s’inscrit dans une exploration personnelle où l’objet gastronomique devient un symbole culturel. Le caviar, associé à la rareté, au prestige et au mystère, devient pour Thomar une matière à sculpter, à manipuler, à sublimer. Il détourne ainsi un met emblématique pour en faire le cœur d’un langage plastique. Entre fascination et second degré, ses œuvres ouvrent un dialogue entre tradition et luxe contemporain, jouant sur l’excès, l’accumulation et le plaisir visuel.
Cette démarche l’amène à développer une esthétique qui s’éloigne volontairement des sources classiques. Là où les natures mortes anciennes rappelaient la fragilité de l’existence et la vanité des plaisirs terrestres, Thomar propose une lecture nouvelle, tournée vers la célébration plutôt que la retenue. L’abondance devient une force, un geste artistique, une invitation à regarder et à ressentir sans détour un univers où le plaisir n’est plus dissimulé, mais pleinement assumé.